ARCHITECTURES est une série de photographies réalisées en 2018 grâce à des murs blancs colorisés pour un résultat acidulé et graphique. Les ombres marquées tracent des lignes pures qu'il suffit de colorier.
Fubiz
" La photographe et graphiste Emilie Möri a profité d’un samedi ensoleillé dans le sud de la France pour réaliser sa série Architectures. « Les ombres tracent des graphismes purs » auxquels l’artiste ajoute un spectre de couleurs pour un résultat à la fois minimaliste et conceptuel." 
Fubiz mars 2018
Réponses photo, portfolios découvertes
"L’ennui est parfois un puissant ressort créatif ! C’est en déambulant dans les espaces dépeuplés d’une station balnéaire hors saison qu’Emilie Möri (www.emiliemori.com ) a eu l’idée d’animer les détails architecturaux, saisis au travers de son objectif avec la rigueur de son métier de graphiste, par une palette de couleurs franches ou acidulées. Il en résulte un ensemble graphique et ludique d’une grande cohérence formelle, qui construit la mosaïque d’une ville imaginaire et désertique.
Comment cette série a-t-elle vu le jour ?
Hors saison, lors d’un hiver un peu long et terne dans le sud de la France, au bord de l’Océan... M’ennuyant quelque peu, je rêvassais et pensais à la découverte d’autres pays, à des maisons colorées sous un soleil franc. J’imaginais des images mêlant solitude et couleurs. J’ai tenté d’illustrer cette rêverie en colorant les murs afin de créer un monde imaginaire. Cette série «architectures» est un songe de quelques secondes, dont mon métier de graphiste a certainement contribué à la génèse. Le soleil de midi dessinait des ombres géo- métriques qui faisaient naître des tableaux abstraits sur les volumes de ciment des murs, des terrasses et des escaliers. Cette série est basée sur l’harmonie des proportions dorées et un travail chromatique à l’aide de couleur fortes. En colorant ces murs blancs j’avais toute la matière nécessaire pour faire une série minimaliste. Résidence imposante des années 70 en front de mer, «les Océanides» trottaient depuis un moment dans ma tête, et les bâtiments avait la bonne idée d’avoir été fraichement ravalés. Cet endroit est très intéressant d’un point de vue architectural.
Pourquoi avoir choisi la colorisation plutôt que la couleur, et le format carré ?
J’aimais l’idée de jouer graphiquement avec la «toile blanche» qu’offrait ces lieux. J’ai donc pensé géométrie et cadrages dans un premier temps, puis chromie dans un second-. A part les images de la série « moments » -que je qualifierais davantage comme un journal- toutes mes photos sont en format carré, lequel a toujours retenu mon intérêt d’un point de vue personnel, artistique et graphique. Les pochettes de CD qui m’ont toujours plues par leur pertinences et leur originalité, n’y sont sans doute pas étrangères. Illustrer une intention ou un projet par un format unique m’a toujours passionnée...
Où placez vous la frontière entre réalisme et abstraction ?
Le charme de l’abstrait a toujours eu ma préférence, et ce qui m’inspire le plus sont les flous, les accidents photo-graphiques... C’est pourtant ce que je n’ai pas souhaité faire jouer dans cette série qui se veut réaliste. Les surfaces unies et les textures homogènes des parties architecturales des images, qui pourraient former des sortes de collages formels si elles occupaient tout le cadre, côtoient des zones naturelles plus complexes formées par le ciel ou la mer, voire de la végétation. L’abstraction n’est donc qu’apparente.
Les images sont-elles prévues pour être vues individuellement ou en assemblages ?
J’avais imaginé cette série en grand format et assemblées, comme une mosaïque... Mon souhait a été exaucé, et j’ai eu la chance voir les photos exposées au festival BarrObjectif (Barro, Charentes) l’an dernier dans ces conditions. Vues de loin on aurait dit des peintures faites de pigments, et c’est précisément ce que je souhaitais obtenir."

You may also like

Back to Top